Mnème

De Mneme
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La recheche et les applications actuelles réclament une définition juridique du mnème qui pourrait être tiré de la proposition suivante :


"Mnème (partie prise pour le tout) : nuage agorique [1] de la sémiotique de traces mémorielles [2], ou mnemata, que reçoit, réunit et lègue et qui enracine et façonne une personne, un couple, une famille, une communauté, un groupe de conflexion [3], une culture, une civilisation, l'humanité à travers la dynamique du patrimoine intellitionnel [4] de ses sémata intrajacentes [5], maintenant informatiquement remémorables et assistables, dans le contexte de leur interligence [6] mnémotique, économique, scientifique et donc juridique.


  1. une agorie est comprise comme l'espace des relations complexes entre les membres d'une agora, place de marché ouverte.
  2. Ces traces peuvent être de nature consciente, inconsciente, organique, historique, matérielle, relationnelle, documentaire, environnementale, interlitive (c'est à dire résulter d'interliens), etc. Elle s'étendent à tout ce qui a pu contribuer au geste et à la réalité du signe porteur, par exemple la langue, la géographie, l'habitat (livisaire, ou lieu de vie, de savoir, a intégration de ressources étendues), le mode de vie, etc.
  3. La réflexion est l'acte de pensée qui revient sur lui-même, la conflexion est un acte de pensée croisé où se mêlent retours et renvois.
  4. L'information est ce qui augmente la connaissance, l'intellition est ce qui fait syllogistiquement sens ou nécessité à partir de la connaissance, c'est donc une information perçue par l'intelligence
  5. Qui est placé à l'intérieur de quelque chose d'autre.
  6. Exploré sous le terme d'"interligence", (du latin inter-legere, qui a donnée "intelligence" selon l'acception de Cicéron, "intelligence au sens de renseignement en anglais", selon l'acception de Tite-Live, et "être en intelligence" ou "interliés" selon l'acception de Virgile, l'importance du maillage des inter/hyperliens dans le contexte actuel conduit à le différencier conceptuellement sous le nom d'interligence. L'interligence est le maillage intellectuel référentiel qui porte l'intelligence d'une personne.


Plusieurs exemples peuvent être cités qui sont courrament considérés, respectés, protégés :

  • le cerveau même des personnes
  • le domicile imprégné de personnalité, contexte de leurs travaux, hébergement de leurs contributions : leur lieu de vie et de savoir à intégration de ressources externes (livisaire) choisi et agencé par les personnes, les familles, les communautés comme contexte à leur réflexion.
  • l'inventaire des traces historiques, dites, écrites, audio, magnétiques, optiques et agencées laissé par une personne qui permette à autrui de reconstruire et puiser à son épistémè et à ses héritiers de faire valoir ses/leurs droits intellectuels.


Il est à rapprocher de l'opinion d'Aristote selon laquelle l'homme intelligent n'est pas celui qui se souvient, mais celui qui se remémore. En fait, il a su, au fil du temps, optimiser son mnème par la découverte et la pratique d'une mnémotechnique qui lui était adaptée. C'est du mnème que les processus cogiteurs vont extraire l'intellition, c'est à dire la capacité (et l'information résultante) appréhension maillée de ce qui fait sens : le sens de la perception par l'intelligence.

Le mnème d'un chercheur, d'un auteur, d'une entreprise en est le patrimoine fondamental. 2500 ans après, on travaille et produit à partir du mnème de Platon (organisée autour de son lieu de vie et de savoir : l'académie) alors que l'on a oublié depuis longtemps la comptabilité de l'or de Crassus.


La mnème est le lieu de la fouille des mnémata (mnemata mining), enrichie par l'exégèse aidée par l'interaction mayeutique qui vont tenter d'en :

  • mettre au jour les richesses (métadonnées : données sur les données), locales, reçues/perçues ou détenues par d'autres, ou en cohérence (intellition).
  • percer, élucider et comprendre les relations internes (syllodonnées : données entre les données) et leur sémata.

La juridique du mnème, des données, de leurs algorithmes de traitement, etc. font partie des juridiques intellectuelles et informatiques encore actuellement embryonnaires du fait de explosion techno-logique, c'est à dire la nécessité du recours de la techne (le savoir-faire d'autrui) dans le logos (discours informatif) de la personne, face à la complexité découverte comme intrajacente à la réalité.


Parmi les pistes explorées : les rapports architectoniques (niveau des principes) croisés et la modélisation des démarches mono (donnée), dia (séquence) et polylectiques (maillage) dans les divers ordres matériels, biologiques, intellectuels, spirituels, ... de la réalité.